Le groupe belge Arid existe depuis 15 ans, donc c'est l'occasion pour une fête !

Afin de célébrer leur anniversaire avec allure, les gars font une tournée de théatres dans toute la Belgique. A propos de leur nouveau CD qui est une compilation "Singles Collection", ils interprètent tant des anciens que des nouveaux morceaux de leur répertoire dans un arrangement plus intime. Et parce que Arid ne mérite que le meilleur, ils ont emmené le V-Piano Grand Roland sur la route.

Une tournée monstre a besoin de monstres sacrés et c’est pourquoi Lady Gaga a fait appel au batteur Charles Haynes et au claviériste Pete Kuzma. Charles et Pete nous parlent de l’évolution musicale de la tournée qui fait le plus grand bruit cette année et nous expliquent en quoi les claviers et la percussion électronique Roland® leur sont d’une aide précieuse.
Interview: Dan Krisher (Roland US) - Photos: Universal Music / Alex Vanhee

Nous avons rencontré Charles et Pete une première fois à Los Angeles en novembre, quand le «Fame Monster Tour» commençait ses répétitions aux Sound Stages Sony à Culver City. Charles et Pete venaient de terminer une tournée avec Kanye West. Au cours de cette tournée, Charles et Pete ont établi un partenariat musical qu’ils poursuivent avec Lady Gaga et The Fame Monster Tour. Au cours des premières répétitions, Charles et Pete jouaient sur une batterie et un ensemble de claviers nettement plus importants puis, au fur et à mesure de l’évolution de la présentation scénique et musicale de Lady Gaga et de sa Haus, Charles et Pete ont été confrontés à des changements quotidiens de listes de morceaux et de sons. Des musiciens moins chevronnés auraient paniqué devant de tels défis mais Charles et Pete s’en sont simplement remis à leur matériel Roland® pour résoudre leurs problèmes.

Deux mois plus tard, The Fame Monster Tour est de retour à Los Angeles après une tournée à travers le Canada et une bonne partie des Etats-Unis. Nous avons interviewé Charles et Pete ensemble dans les coulisses du Nokia Theater au centre de Los Angeles, quelques heures avant le concert du jour.

Dan Krisher (Roland Corporation U.S.): Commençons par un peu d'histoire personnelle. Charles, quels sont vos antécédents musicaux?

CHARLES HAYNES (BATTEUR/PERCUSSIONNISTE): A l’origine, je suis un batteur «slash» mais, heureusement, j’ai joué à l’église et j’étais plutôt axé sur le jazz. J’ai joué avec Kenny Garrett (saxophoniste) et Christian McBride (bassiste). Je suis allé au Berklee College of Music et j’ai découvert Willy’s Café, un endroit qui a complètement changé ma vie. J’y ai rencontré de grands musiciens. Chaque soirée était différente: le jeudi, c’était de la musique latino et le week-end du jazz. J’ai appris énormément là-bas. J’ai eu l’occasion d’y jouer tous les soirs ces différents styles de musique. Le fait d’être à Berklee permet aussi de faire pas mal de rencontres. J’ai joué avec de nombreux artistes passant par là.

Après Boston, j’ai passé un certain temps à New York. J’ai joué avec Patti LaBelle, et Meshell Ndegeocello. Puis j’ai eu une proposition pour jouer avec Kanye dans le genre «Peux-tu prendre l’avion demain?» Et entre-temps, je jouais avec M.I.A. et maintenant Gaga.

Dan: Et vous, Pete? Pouvez-vous nous dire deux mots sur votre parcours?

PETE KUZMA (CLAVIÉRISTE): J’ai commencé à jouer à sept ou huit ans. J’ai immédiatement pris des leçons de jazz. J’ai suivi des cours d’interprétation jazz et classique à Philadelphie où j’ai obtenu ma maîtrise. En même temps, je faisais mes premières armes en jouant dans pas mal de clubs jazz où j’ai rencontré beaucoup de musiciens, ce qui m’a apporté énormément. J’ai passé un bon moment à Philadelphie. Le mouvement néo-soul revenait en force et le renouveau était palpable: j’avais vraiment l’impression d’être au bon endroit au bon moment.

Durant mes études, je faisais aussi partie d’un groupe qui animait des fêtes de mariage. Parmi les membres du groupe, certains allaient devenir des producteurs comptant plusieurs albums platine à leur actif comme l’équipe de Jazzy Jeff ou Andre Harris et Vidal Davis.

DAN: Un sacré groupe à engager pour son mariage!

PETE: (Il rit) C’étaient de grands musiciens qui avaient tourné avec Boyz II Men. Ils produisaient une musique incroyable et jouaient pour Will Smith. J’ai eu une chance incroyable de jouer avec eux et cela m’a ouvert la porte des studios. J’ai fait énormément de sessions de studio, notamment pour Jill Scott avant de devenir son directeur musical. Je le suis resté six ans et j’ai produit une partie de son deuxième album. Depuis, j’ai fait pas mal de tournées avec divers artistes de Philadelphie dont Akon, Danity Kane etc. L’année dernière, j’ai été appelé pour accompagner Kanye West, ce que j’ai fait durant un an environ et nous voici avec Lady Gaga.

Dan: Charles, quel matériel Roland utilisiez-vous avant la tournée avec Lady Gaga?

CHARLES: J'utilisais un SPD-S (Octapad®) quand je jouais avec Meshell Ndegeocello. Désolé Pete (il rit), elle avait décidé de se passer de claviériste pour ce projet! Elle voulait juste deux guitaristes et moi. J'ai donc été au studio pour enregistrer tous les accords des claviers, tous les accords des parties spéciales et les échantillonner ensuite avec un SPD-S. La plupart du temps, je déclenchais les accords des transitions et des refrains avec le SPD-S. Cela a été ma première expérience réelle avec le SPD-S. Je le branchais tout simplement et je jouais un accord puis le suivant etc. Puis, avec Kanye, j'ai aussi beaucoup utilisé le SPD-S.

Dan: Sur les photos que vous m'avez montrées, votre installation est gigantesque.

CHARLES: Oui, j'utilisais trois SPD-S contenant les échantillons nécessaires et les signaux de déclenchement passaient de l'un à l'autre.

PETE: C'était effectivement une installation incroyable. Le podium de la batterie était immense.

Dan: Et vous étiez tous les deux de la partie, pas vrai?

CHARLES: Oui, j'étais le premier puis Pete est arrivé quatre mois plus tard. C'était vraiment un truc immense.

PETE: Tout était énorme dans cette tournée. Tous les podiums étaient grands, même celui du DJ.

Dan: Pete, quel matériel Roland utilisiez-vous avant cette tournée?

PETE: Dan, vous allez apprécier: j'ai fait ma première tournée avec Les Nubians, en 1999 je pense, juste après mes études. Jusque là, j'emportais mon fidèle JV-2080 que je trimbalais à tous mes concerts. Dès que j'avais un peu d'argent, j'achetais une nouvelle carte d'extension SRX. J'ai donc utilisé le 2080 pour programmer tous les sons pour la tournée des Nubians. En même temps, je continuais à jouer du jazz à Philadelphie et j'ai acheté mon premier Roland VK-7. Pour les concerts jazz à Philly, il me fallait un orgue. Je n'avais jamais utilisé d'orgue auparavant mais le Roland VK-7 m'a vraiment aidé à comprendre et à maîtriser l'interaction entre les tirettes harmoniques et les autres aspects mécaniques d'un orgue. En fait, cet instrument a lancé ma carrière d'organiste jazz à Philadelphie et New York.

Dan: Et ensuite? Qu'avez-vous utilisé avec Kanye West?

PETE: Roland m'a accompagné quand j'ai joué avec Kanye et Jill Scott. J'ai eu un XP-88 dont j'adorais le clavier. C'était avant les Fantoms et la série G. J'ai aussi utilisé un Fantom-X7 et un 2080 à l'époque. Pour Kanye, il me fallait un vocodeur. J'ai donc opté pour le VP-550, mon tout premier vocodeur. Il était fantastique. Au cours de la tournée, j'ai branché mon V-Synth® via MIDI au VP-550 et j'utilisais un seul microphone pour piloter les deux instruments. J'avais choisi cinq sons sur le V-Synth ainsi que mes Patchs favoris du VP-550 et je les mixais pour créer un immense son de vocodeur.

Dan: Vous avez évoqué un orgue à tirettes harmoniques. Est-ce un élément important de votre son?

PETE: Absolument. Je trouve que les sons d'orgue Roland s'intègrent parfaitement au reste de mon matériel pour arènes. Tous les sons passent à merveille.

Dan: Charles, quel matériel utilisez-vous pour The Fame Monster Tour?

CHARLES: Je suis maintenant passé à la batterie V-Drums®. J'utilise le TD-20X. Tous les deux jours environ, nous changeons quelque chose. Hier encore, j'ai programmé de nouveaux sons. Je pense que maintenant, j'utilise la V-Drums pour la moitié des morceaux environ.

Dan: Et vous jouez sur une batterie hybride intégrant V-Drums® et autre percussion?

CHARLES: Pour les couplets des morceaux, je joue sur la V-Drums et j'utilise la batterie acoustique pour les refrains. En fait, je joue de plus en plus souvent sur la batterie V-Drums et je ne joue plus que les fills sur les toms acoustiques. Et parfois, je me limite même aux quatre pads V-Drums.

PETE: Il me semble qu'à un moment, tu pilotais même un son de 808 avec un déclencheur de grosse caisse.

CHARLES: C'est vrai mais beaucoup de choses ont changé presque à 100% depuis le début de la tournée (rit).

PETE: C'est vraiment la tournée des changements!

Dan: Et vous avez le SPD-S (Octapad) aussi?

CHARLES: C'est vrai mais je ne l'ai pas vraiment exploité au cours de la tournée: j'ai tout ce qu'il me faut avec la batterie V-Drums. Je pensais, par exemple, devoir échantillonner pas mal de sons mais je les ai trouvés dans le module TD-20X. Donnez-moi deux minutes avec le TD-20X et je vous délivre le son demandé sur un plateau. Hier, par exemple, nous avons eu l'idée d'utiliser une explosion. Je me suis donc assis devant le TD et j'ai joué un peu avec la réponse dans le grave et la chute. Ensuite, j'ai réglé la hauteur pour qu'elle dégringole très vite quand je frappe le pad. J'ai donc peu utilisé le SPD-S en définitive mais c'est surtout dû au fait que j'apprends à connaître le TD-20X de mieux en mieux. Il est vraiment bon... excellent!

Dan: Et vous, Pete, quels claviers utilisez-vous pour The Fame Monster Tour?

PETE: Pour cette tournée, j'utilise un Fantom-G7 et un Fantom-G8. Au début, j'utilisais aussi un V-Synth. Mais nous avons dû limiter notre matériel. Nous manquons de place sur scène et d'entrées sur la console. C'est principalement dû à la nature de la tournée qui est prévue pour des salles de spectacle. Je pourrais encore utiliser deux claviers de plus mais mes claviers favoris sont le G8 et le G7. J'aurais aimé inclure le VP-550 et d'autres claviers dans mon arsenal pour être à l'aise.

Mais la série G est absolument super: super simple à utiliser et extraordinairement fonctionnelle pour ce type de projet. Je n'ai même pas besoin de liste: tous les morceaux sont programmés dans les instruments, mes réglages favoris sont assignés aux pads, aux molettes et autres contrôleurs du Fantom. Tout ce que je dois piloter est prêt à l'emploi. Il y a tellement de commandes et de curseurs qu'il est possible de contrôler pratiquement tout ce que vous voulez: les effets, la fréquence des filtres, les enveloppes... J'exploite ces possibilités à fond durant le concert.

De plus, la musique pop actuelle est fortement teintée de musique dance, trance, house et autres vibes de ce type. C'est le genre de singles qui grimpent le plus haut dans les charts pour le moment. En plus de ses superbes sons de pianos et de cordes d'un incroyable naturel dont nous avons besoin en concert, le Fantom propose aussi un nombre incalculable de sons trance, house, club qui s'intègrent pile poil dans notre configuration et notre musique. A mon sens, le Fantom est un outil incontournable pour tout groupe pop qui fait de la scène actuellement.

CHARLES: Oh oui! C'est absolument certain.

PETE: J'utilise aussi pas mal de Patchs de la catégorie Techno, des synthés trance et ces énormes sons polyphoniques. «Coffee Bee» est un bon son solo hard core et crade à souhait que j'utilise pour boucher toutes les fréquence inutilisées par les autres musiciens.

Pour les pianos du concert, j'utilise le «Manhattan Grand». C'est peut-être en hommage à la scène jazz de New York (rit).

Dan: Auquel nous nous associons avec plaisir!

PETE: (Rit) Les instruments Roland ont encore un autre avantage: ils permettent de modifier le son très facilement en fonction de vos besoins. Les instruments Roland constituent un choix idéal pour musiciens de tous niveaux et de tous horizons. Une fois que vous en avez un sous la main et que vous voyez à quel point il est simple de modifier les sons tout en jouant, vous êtes séduit. Tout est réglable en deux coups de cuiller à pot.

Dan: Pilotez-vous aussi des appareils externes avec le Fantom-G?

PETE: J'utilise un ordinateur portable pour les sons spécifiques créés pour les morceaux de Lady Gaga et qui figurent sur les albums. Je les pilote effectivement à partir du Fantom. Le Fantom sert aussi bien d'instrument que de contrôleur de luxe. Le Fantom est au cœur de mon installation. Il sélectionne même les sons sur l'ordinateur portable.

Dan: Impressionnant. Avez-vous déjà d'autres projets qui vous attendent après le Fame Monster Tour?

CHARLES: Nous avons en fait pas mal de travail de production qui nous attend, moi et mon partenaire, un certain Pete Kuzma (rit).

En deux mois, notre agenda s'est rempli de façon impressionnante. Je joue un peu de clavier mais mon talent se limite à deux tonalités (rit). J'aime autant travailler avec quelqu'un comme Pete qui est incroyable et qui peut jouer en 5 secondes ce que je mettrais 20 minutes à entrer. Nous nous complétons parfaitement. Nous travaillons donc en studio sur des projets, dont certains projets Indie. J'attends avec impatience de pouvoir retourner à mon V-Synth. J'en ai un à Boston, un GT. J'ai passé de bons moments avec lui. De plus, j'aimerais avoir le temps d'approfondir un peu mes connaissances du Fantom-G.

PETE: Pour pouvoir survivre en tant que musiciens, producteurs et compositeurs dans ce secteur, il faut avoir beaucoup de fers au feu. C'est pourquoi nous travaillons sur plusieurs choses à la fois. Charles et moi mettons sur pied une firme de production qui draine pas mal de temps et d'énergie. Ensuite, je travaille sur un album d'hommage à la musique soul, un projet personnel. Il est intégralement instrumental et contient certains morceaux qui n'ont rien à voir avec la musique soul. C'est un album de reprises dépassant les différents genres musicaux. Je ne fais pas un remake de Stevie. Il y a aussi des morceaux rock des Stones ou d'Oasis, des morceaux qui m'ont frappé ou inspiré. L'ensemble sera assaisonné à la sauce «Neo Soul». Je suis de Philadelphie et j'ai envie de faire quelque chose qui me ressemble vraiment.

(Le manager de la tournée arrive alors pour prier les musiciens de se préparer pour le concert.)

Dan: Il semble que nous devions mettre fin à cette interview pour vous laisser le temps de vous préparer au concert. Un grand merci pour cet entretien passionnant. Une dernière question pour la route: y a-t-il des instruments Roland que vous ne connaissez pas encore et que vous aimeriez découvrir?

PETE: Bien sûr! Le V-Piano®! Je meurs d'envie d'en essayer un. Et n'importe quel instrument Roland ayant des tirettes harmoniques.

CHARLES: Et des V-Drums... je n'en aurai jamais assez.

Lady Gaga connaît aussi bien les instruments Roland. Elle-même pianiste et claviériste accomplie, elle a été une des premières à utiliser des synthés en bandoulière Roland AX, non sans avoir demandé à son équipe de design «Haus» de les personnaliser.

Le nouveau pianiste favori du Royaume Uni parle de la vie au studio avec deux amis de Roland…

Ces dernières années, les charts ont été dominés par des groupes de guitaristes alors même qu’un autre grand talent britannique s’imposait en frappant les touches noires et blanches d’un instrument moins rock’n’roll. La façon dont Jamie Cullum aborde un standard du jazz, l’incroyable vivacité de ses concerts et l’originalité de ses morceaux lui ont valu un franc succès qui ne lui est pas du tout monté à la tête. Au cours d’un échange avec Power On dans son confortable studio Shepherd’s Bush (où il travaille sur un nouvel album en collaboration avec son coproducteur & frangin Ben), Jamie s’étend avec lyrisme sur la musique, la création sonore et les nouvelles expériences. Il n’essaie jamais d’attirer l’attention sur lui et affiche une réelle reconnaissance pour les distinctions diverses que son travail assidu et sont talent lui ont valu. D’une certaine façon, il fait figure de diamant.

Jamie fait aussi preuve d’une impressionnante compréhension du processus de production créative. Loin d’être une simple marionnette pop jouant du piano jazz, il sait exactement comment combiner subtilement des éléments acoustiques et électroniques et comment intégrer diverses influences dans ses compositions. Pour atteindre ses objectifs, Jamie fait appel à plusieurs produits Roland auxquels il est visiblement très attaché…

Vous travaillez comme un fou au studio pour le moment. Quels produits Roland stimulent votre inspiration?

«Le MC-808 nous a été particulièrement utile pour trouver de nouvelles idées. Nous ne l’avons pas encore utilisé pour l’enregistrement mais il nous sert énormément pour la création. Il est très facile à emporter partout, ce qui permet d’improviser à tout moment et de tomber sur de nouvelles idées. C’est presque comme une boîte à surprises: vous plongez la main dedans et vous en sortez un bon point de départ pour de nouvelles créations. Il délivre des sons superbes à la tonne et il est incroyablement facile et rapide à utiliser. Je ne crois pas avoir jamais ouvert son manuel: je l’allume et je me mets directement au travail. Le MC-808 présente un autre gros avantage: il me permet de quitter l’écran de l’ordinateur. Je compose de façon tout à fait différente quand je ne suis pas en face d’un écran: je suis moins pris par l’écran et je me concentre plus sur le son et les sensations… sur l’essentiel en fait!»

Nous avons appris que vous appréciez aussi le SH-201…

«Absolument. Je l’adore. Le SH-201 est véritablement un instrument pour musiciens. Je l’ai utilisé très souvent l’année dernière, surtout sur scène où il est particulièrement convivial. Il a son propre caractère et, une fois de plus, il est bourré de sons magnifiques, stimulant l’inspiration. Ben et moi avons formé un groupe avec quelques amis récemment et nous avons donné quelques concerts durant lesquels nous improvisions sur des rythmes en 4/4 joués par le batteur. Le SH-201 est idéal pour ça! Et il est si léger: je pourrais en jouer en le tenant derrière la tête.»

Vous êtes un pianiste très réputé: abordez-vous un synthé comme le SH-201 de façon très différente d’un piano traditionnel?

«Oh oui! Il n’y a rien de pire que des musiciens jazz qui se rabattent sur des synthés parce qu’ils sont à court d’idées. Vous ne pouvez pas aborder un synthé tel que le SH-201 comme un piano: vous devez le traiter comme un instrument à part entière, différent du piano. Il donne alors toute sa mesure car, comme je le disais, il est extrêmement convivial. C’est un synthé mais c’est aussi un ‘véritable instrument’. Il est fantastique»

Comme de nombreux artistes à l’heure actuelle, vous semblez franchir allègrement les frontières de plus en plus floues entre écriture et production. Avez-vous toujours été aussi présent au niveau de la production que de l’interprétation?

«Oui, j’ai toujours été un adepte du ‘home studio’: j’utilisais des boîtes à rythmes, j’enregistrais avec Logic etc. Avec le temps, j’ai acquis du matériel qui me plaît vraiment et j’ai décidé d’apprendre à m’en servir correctement pour pouvoir faire de la musique comme j’en ai vraiment envie. C’est ainsi que cela se passe maintenant. Le temps où vous faisiez d’abord une démo approximative puis un enregistrement bien léché dans un grand studio est révolu. Une grande partie de ce que j’enregistre chez moi se retrouve sur l’album. Et ce n’est pas une mauvaise chose car cela permet d’intégrer la tension des ‘premières prises’ dans la musique.»

Que pouvons-nous donc attendre de ce nouvel album? Et décidez-vous sciemment d’explorer de nouvelles voies quand vous commencez un nouvel album?

«Celui-ci regorgera d’énergie ‘live’ et risque d’avoir un son plus brut que certains albums précédents. Il proposera un mélange de standards, de reprises et de morceaux originaux mais l’ensemble sera nettement moins éthéré qu’avant. Je tente sciemment de ne pas me répéter dans chaque album bien que je ne décide pas toujours de façon consciente de la façon dont mes morceaux sonneront. Quand je compose, j’imagine que je suis naturellement entraîné par ce qui m’a inspiré récemment.

Quand je jouais beaucoup de piano bar en solo, il y a des années de cela, je mêlais du jazz à des morceaux de Radiohead ou Metallica. Je me voyais toujours un peu comme un DJ ayant un piano au lieu d’une platine. J’ai toujours aimé des genres musicaux très différents. Et quand je crée de nouvelles compositions, toutes ces influences s’y retrouvent d’une façon ou d’une autre.»

Qu’avez-vous écouté récemment?

«Pour l’instant, cela pourrait être n’importe quoi, de Villa Lobos à Arcade Fire. Et je ne suis pas exclusivement attiré par les morceaux mais j’aime les sons et les rythmes en soi. Je peux trouver une musique d’ambiance électronique aussi passionnante qu’un vieux standard.

Pour un pianiste, à savoir un musicien doté d’un talent plutôt «traditionnel», vous faites certainement preuve d’une très grande ouverture envers les sons et les rythmes les plus divers, que ce soit de la R&B, du hip-hop ou du rock. Le côté plus expérimental de Jamie Cullum est d’ailleurs illustré par votre utilisation occasionnelle de la RC-2 Loop Station…

«Je l’utilise généralement sur scène pour mettre ma voix, certains rythmes ou d’autres éléments qui me plaisent en boucle. Certains n’apprécient guère mon utilisation de la Loop Station. Ils se demandent ce qu’un pianiste qui joue des vieux morceaux fait avec ça. Je suppose que d’autres artistes utilisent les boucles de la même façon mais cela n’en reste pas moins amusant et il y a une sorte de magie tactile à actionner une pédale pour faire de la musique. C’est indéniablement un bel outil qui stimule la créativité et permet de créer des sons superbes.»

Par Jamie Franklin

Le quatuor australien The Temper Trap débarque enfin en Grande-Bretagne. Avec son single «Sweet Disposition» sur toutes les ondes, ce groupe monte en flèche. Nous nous sommes entretenu avec son batteur, Toby Dundas, sur le trac, Nick Cave et ce qu’il souhaiterait que Roland produise.

Comment le groupe Temper Trap a-t-il vu le jour?

Dougy et moi travaillions dans un magasin à Melbourne et il recherchait des gens avec qui faire de la musique. A l’époque, je jouais de la basse dans un autre groupe mais j’avais joué de la batterie auparavant et cela me tentait de recommencer. Dès la première session, j’ai été impressionné par la voix de Dougy. C’est ainsi que très vite, le projet est devenu très sérieux. Jonny et Dougy se connaissaient depuis que Dougy avait déménagé d’Indonésie en Australie. Bien qu’il ne soit pas bassiste non plus, il est venu à la deuxième répétition, après qu’un autre se soit désisté, pour tenter le coup. Jonny a fait des progrès très rapidement et le groupe est né. L’année suivante, nous avons perdu deux guitaristes jusqu’à ce que Lorenzo, un de mes camarades de classe, nous rejoigne quand son groupe s’est séparé. C’est là que The Temper Trap a vu le jour.

Vous venez de terminer une série de festivals d’été. Quel est votre meilleur souvenir?

En Grande-Bretagne, je dirais Reading. La tente était pleine à craquer et le public en folie avant même que nous ne montions sur scène. Ça, nous ne l’avions encore jamais vu. Heureusement, nous avons donné un des meilleurs concerts de l’été car la pression était forte. Le festival Summersonic au Japon était dingue aussi. Déjà rien que le fait d’être au Japon était magnifique. J’y ai mangé royalement. A Tokyo, nous avons joué devant 5000 personnes, notre plus grand public cet été.

Parlez-nous de la scène musicale à Melbourne. Quelles sont les différences entre une tournée en Grande-Bretagne et en Australie?

La scène musicale à Melbourne se porte à merveille: il y a de très bonnes salles et de nombreux endroits où les jeunes groupes peuvent débuter. Il y a du coup aussi beaucoup de groupes, ce qui engendre une saine concurrence: il faut être bon sur scène pour y rester.

Le groupe utilise pas mal de produits Roland et Boss. Pouvez-vous nous parler de votre matériel et de la façon dont vous l’utilisez?

Notre matériel de scène est devenu assez complexe. Il s’est étendu au cours des années et nous utilisons de plus en plus de pédales. Lorenzo crée la plupart de ses sons avec une Boss DD-20. Depuis quelques semaines, il travaille aussi avec une RC-20XL LoopStation. A un certain moment, Jonny utilisait trois pédales Boss DS-1 en série car il adore la distorsion. Nous avons ensuite acheté un SPD-S Sampling Pad, un instrument fantastique avec lequel nous pouvons piloter des boucles et des parties de batterie supplémentaires, ce qui nous permet d’être plus percutants et plus flexibles sur scène.

A un certain moment, je devais jouer de la guitare sur deux morceaux. J’utilisais alors mon ampli Roland JC-60 et plusieurs pédales dont une Boss DD-3, DS-2 et une de mes pédales Boss favorites: la LS-2. Elle me permettait de jongler très facilement avec deux sons. Depuis, nous avons engagé un membre supplémentaire pour les concerts et c’est lui qui joue avec tout ce matériel plus quelques pièces à lui. Nous envisageons aussi l’acquisition d’un synthétiseur Juno-Di ou Juno-G pour renforcer nos claviers.

Quel est le plus gros avantage/le pire inconvénient d’une tournée?

Le plus gros avantage d’une tournée sont les voyages dans de nouveaux pays et les rencontres qu’on y fait. Le pire inconvénient est le temps qu’il faut pour y arriver en bus.

Etes-vous particulièrement sujet au trac? Avez-vous des conseils pour ceux qui en souffrent?

Dougy avait des renvois spasmodiques avant chaque concert mais cela semble avoir disparu. Je me souviens que pour des gros concerts, surtout quand nous jouions en première partie de groupes que je respectais profondément, j’étais terriblement nerveux. Mais, plus on donne de concerts, plus c’est facile.

Quels groupes britanniques vous ont particulièrement impressionné?

Nous avons fait deux festivals avec Florence and the Machine: ce sont de vraies bêtes de scène. Il y avait aussi un groupe de Londres, Mumford and Sons, avec qui nous avons joué lors de l’iTunes Festival.

Vous avez aussi évoqué l’influence que Nick Cave a eu sur vous. Qu’est-ce que les gens admirent tellement chez lui?

Saint Nick, hein? Je ne sais plus qui d’entre nous l’a dit. Personnellement, je ne pense pas qu’il ait une influence musicale mais en tant qu’ancien chef de file du rock australien, il a certainement droit à toute notre admiration. Il a écrit quelques uns des plus beaux morceaux de son époque et le fait encore. Si vous ne connaissez pas son dernier album «Dig Lazarus Dig», vous ratez vraiment quelque chose.

Votre nouvel album, «Conditions», est produit par le fameux Jim Abbiss. Comment a-t-il tiré le meilleur de vous?

Jim s’est concentré sur l’enregistrement de superbes prises sur le vif. Nous passions parfois une journée entière à enregistrer les pistes de base avant qu’il n’estime que nous avions trouvé la magie qu’il fallait. Parfois, il suffisait d’une prise ou deux, ce qui nous permettait de passer plus de temps à chercher les autres bruits, les atmosphères, les bips et les blips… L’ajout d’une voix supplémentaire à la prise de décision n’a pas été facile mais tous ces petits conflits finissent souvent par mener à de grandes idées.

Avez-vous des demandes à adresser à Roland?

Quand donc sortira une mise à jour du SPD-S permettant l’utilisation de cartes SD d’une plus grande capacité et disposant d’au moins quatre sorties? Ce serait fantastique et cela se vendrait comme des petits pains. Pourquoi attendre?

Tioneb

Benoit POUJADE, alias Tioneb, est Champion du monde!

La 2ème finale Internationale du looper contest BOSS s'est tenue pendant le dernier salon de Francfort.

Parmi les 12 candidats venus du monde entier, Tioneb, notre Français de Cahors, s'est distingué par une performance hors du commun et une maitrise parfaite du RC-300.

Si la finale était d'un niveau très élevé cette année, Tioneb, était lui, vraiment un cran au dessus des autres candidats, il lui aura fallu moins de 5 minutes pour convaincre le jury et se mettre le public dans la poche grâce à un morceau de très haute volée que nous vous invitons à découvrir dans la video ci-après.

www.tioneb.org

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